Gavray Claire

Délinquance juvénile et enjeux de genre

 




 Résumé

Sur la base des résultats d’une enquête de délinquance auto-révélée récente menée en Belgique dans le cadre d’une recherche internationale, les comportements d’un échantillon de filles et de garçons ont pu être interrogés. Les comparaisons confirment une implication déviante plus faible des filles mais ce phénomène ne se révèle pas uniforme selon le type d’acte pris en compte. Au-delà, les comparaisons interrogent les mécanismes qui poussent garçons et filles à l’expérience déviante ou à la prise de risque. La théorie du genre aide à comprendre les résultats, y compris paradoxaux, qui apparaissent. La non visibilité habituelle de ces mécanismes contribue à faire croire, à tort, tantôt à une marche linéaire, voire aboutie vers l’égalité entre les sexes, tantôt à des spécificités sexuelles naturelles.

Mots-clefs : délinquance, comportements à risque, socialisation sexuée, adolescence, méthodologie d’enquête auto-révélée.

 Summary

Juvenile Delinquency and Gender Issues

Based on a recent survey on self-related delinquency conducted in Belgium as part of an International research, girls’ and boys’ behaviours are questioned. Comparisons confirm a lower deviant implication from girls but this phenomenon is not uniform according to the type of act taken into account. Beyond that, comparisons question mechanisms that compel boys and girls to experience deviant behaviours or to take risks. The Gender perspective helps to understand results, even paradoxical ones. The usual invisibility of those mechanisms contributes to make believe, wrongly, in a linear, even successfully completed march towards sex equality or in natural gendered specificities

Keywords : delinquency, risky behaviours, gendered socialization, adolescence, self-related survey.

 Introduction

Des questionnaires autorévélés sont utilisés depuis une quinzaine d’années pour approcher, via une démarche quantitative, le phénomène de la délinquance juvénile au sein de la population scolaire. Conjointement, on a vu se développer une dénonciation croissante d’une violence scolaire [1] en même temps que la mise en avant du rôle joué par l’école, le groupe de pairs et les parents dans le processus de socialisation et ses dérapages [2]. Les études récentes ont confirmé la richesse de l’approche pluridisciplinaire qui met l’accent tant sur les dimensions individuelles du jeune (sociales, psychosociales, identitaires ou liées à la personnalité) que sur les dimensions institutionnelles (concernant donc son environnement) [3]. Elles ont également décloisonné les problématiques de victimisation et délinquance juvénile [4].

Si les recherches en matière de délinquance juvénile ont surtout concerné la population masculine que l’on considérait comme seule concernée par les manifestations significatives de passage à l’acte, des travaux récents se sont progressivement intéressés aux comparaisons entre les groupes sexués et à la délinquance féminine [5]. Les études montrent que cette dernière reste généralement plus limitée et moins grave que la masculine mais conjointement on constate un ‘‘rattrapage’’ de certaines filles par rapport aux garçons en matière de production violente et délinquante [6]. La théorie du genre aide néanmoins à remettre en cause l’idée de l’existence d’une délinquance féminine ‘‘par essence’’ différente de la masculine [7]. Elle permet de comprendre la coexistence de deux mouvements contradictoires :

  • d’un côté, une perpétuation de l’effet des normes genrées engendrées au niveau des valeurs, attitudes et comportements généraux des garçons et des filles. Ces normes entretenant la différence et la hiérarchisation entre le masculin et le féminin et donnant de la consistance aux stéréotypes sexués (entretenant par exemple l’illusion que les filles seraient par nature douces et altruistes tandis que la compétition serait l’apanage des garçons) ;
  • de l’autre côté, une tendance des filles à prendre progressivement distance par rapport aux normes de leur groupe sexué et un danger pour certaines d’entre elles, en quête affective et de reconnaissance, de ‘‘copier’’ particulièrement la violence des garçons, cela au risque de se retrouver une nouvelle fois instrumentalisées… [8] Il s’agit en tout cas de l’avis des responsables d’institutions en protection de la jeunesse travaillant avec des adolescentes et que nous rencontrons dans notre travail ainsi que des chercheurs canadiens étudiant le phénomène des bandes [9]. Leurs expériences invalident l’hypothèse de profils sexués invariables.

Ainsi, le croisement entre rapports de genre et de classe en évolution permet de mieux comprendre les dynamiques délinquantes des filles et des garçons contemporains [10]. C’est ce que nous voulons montrer dans cet article.

 Méthodologie

Les résultats dont nous rendons compte dans cet article constituent la contribution belge à l’étude internationale sur la délinquance auto-révélée (International Study on Self-Related Delinquency). Même si nous avons mené deux enquêtes séparées en Flandre et en Wallonie, les deux équipes scientifiques (celle de Liège coordonnée par mes soins et celle de Gand dirigée par Nicole Vettenburg) ont travaillé en étroite collaboration pour la récolte de données et de standardisation des premières analyses.

En droite ligne de la méthodologie prônée par le groupe de recherche international, nous avons opté pour un échantillonnage de villes. Nous avons sélectionné quatre villes, ou plutôt deux fois deux : deux villes moyennes d’environ 200.000 habitants, centres universitaires avec un passé économique similaire (Gand et Liège) et deux villes plus petites, centres d’éducation régionale (Alost et Verviers).

Au total, 2247 questionnaires ont été remplis, encodés et retenus pour l’analyse. Nous avons visité 43 écoles et 148 classes et nous avons veillé à ce que l’échantillon offre une représentativité au niveau des groupes sexués et des types de classes. En fait, on en trouve 7 types différents dans les 3 premières années de l’enseignement secondaire, c’est à dire les 7ème, 8ème et 9ème années selon notre convention internationale. La construction d’une variable de pondération a encore permis d’améliorer la représentativité de l’échantillon. 

Il reste difficile de trouver une bonne façon de mesurer la délinquance ou les comportements à risque ainsi que leur intensité. Cela dépend du nombre et du type de délits pris en compte, de la façon d’agencer les catégories. Il est important pour le consortium ISRD d’adopter des classifications qui permettent au mieux les comparaisons mais la tâche n’est pas aidée pour autant.

Adopter une approche de genre relève également du défi et s’accompagne d’exigences méthodologiques. Ainsi, on ne peut se limiter à comparer des taux, attitudes ou comportements différents entre les garçons et les filles, même si c’est la première étape de notre travail. Cette démarche interroge aussi et surtout les dynamiques individuelles, culturelles et institutionnelles, ici celles facilitant ou freinant la délinquance dans chaque groupe. C’est pourquoi, dans une deuxième étape, nous comparerons la combinaison de facteurs liés aux comportements délinquants dans les deux groupes sexués d’adolescents, cela sachant que ces facteurs sont eux-mêmes pétris par une culture genrée. La société dans laquelle les jeunes évoluent prône le principe d’égalité entre les sexes comme indiscutable mais continue par ailleurs à s’appuyer sur une complémentarité et une hiérarchisation entre les groupes sexués comme entre le masculin et le féminin. Les résultats nous permettent d’illustrer la manière dont ce double mouvement s’inscrit dans la vie des jeunes interrogés.

 Le passage à l’acte délinquant des filles et des garçons

Les pourcentages de garçons et de filles concernés en tant que victimes par différents actes (‘’déjà’’ ou sur les douze derniers mois) sont proches, surtout en ce qui concerne le vol ou l’intimidation.

Tableau 1 : pourcentage de sujets ‘‘victimes’’ au cours des 12 derniers mois, par type d’acte

Filles
(%)
Garçons
(%)
Extorsion 1,7 4,0
Agression 2,5 3,8
Vol 19,8 19,4
Intimidation 16,2 17,9

n = 2247 ; données pondérées

On remarque également des similitudes entre les garçons et les filles dans la production de comportements à risque banalisés comme l’usage d’alcool et de drogues douces. Bon nombre d’adolescents et d’adolescentes ont déjà consommé de l’alcool ou fumé du haschich, cela dans des proportions comparables. L’absentéisme représente un autre comportement qui, s’il est répété, peut prêter à conséquence. Il s’avère assez répandu dans la population des élèves. On observe que les garçons y ont recours significativement plus souvent que les filles. Ce comportement reste en fait mieux toléré à propos de certains garçons dont parents et éducateurs admettent que la construction de l’identité passe par des expérimentations, oppositions et l’exploration de nouveaux territoires [11]. Il en va de même concernant ce qui est encore décrit comme un « besoin masculin  » de se défouler, de manifester de l’agressivité proactive comme réactive.

Tableau 2 : Prévalence de comportements à risque (‘‘déjà’’ ou sur le dernier mois)

CONSOMMATION D’ALCOOL ET DE DROGUE DOUCE
  ‘’déjà’’ au cours du mois précédent
filles (%) garçons (%) filles (%) garçons (%)
Bière/vin 62,7 61,8 36,4 34,2
Alcool fort 30,0 32,7 11,3 13,7
Marijuana/ Haschich 11,7 12,3 5,0 7,1
Absentéisme / / 8,9 18,6

n = 2247 ; données pondérées

Tableau 3 : Pourcentage de sujets ‘‘auteurs’’, par sexe, par type d’acte, ‘‘déjà’’ et sur les 12 derniers mois

COMMIS
  ‘’déjà’’ sur les 12 derniers mois
filles garçons filles Garçons
% % données manquantes % % données manquantes % % données manquantes % % données manquantes
Bagarre de groupe 13,3 1,7 30,2 2,8 8,6 2,2 17,9 3,7
Port d’une arme 7,1 2,2 23,3 2,6 4,5 2,2 16,4 2,8
Agression 1,9 2,0 5,2 3,0 1,1 2,3 3,0 3,1
Pickpocket/ vol de sac à main 1,9 1,7 3,0 2,5 0,6 1,7 2,0 2,6
Vol/Extorsion 0,9 1,7 3,9 2,9 0,6 1,7 2,7 3,0
Vandalisme 6,4 1,1 15,3 2,0 3,8 1,3 9,3 2,5
Vol à l’étalage 21,6 1,1 18,4 2,1 7,5 1,9 8,1 2,3
Vol de vélo/mobylette 3,3 1,3 7,0 2,3 1,6 1,4 4,0 2,6
Vol dans voiture après effraction 1,2 1,7 2,2 2,6 0,1 1,8 1,1 2,5
Vol dans locaux avec effraction 1,0 1,2 2,9 1,9 0,4 1,3 1,5 2,1
Vol de voiture 0,4 1,4 2,0 1,9 0,2 1,4 1,7 1,9
Piratage informatique 3,5 1,8 10,3 2,5 2,4 1,8 7,5 2,8
Trafic de drogue 3,6 2,7 5,0 2,9 2,5 2,7 3,4 3,4
Usage d’XTC/speed 2,1 1,6 2,6 2,3 0,6 1,7 1,3 2,2
Usage d’LSD/héroïne/cocaïne 1,2 1,8 1,6 2,4 0,4 1,7 1,0 2,3

n = 2247 ; données pondérées

Dans les résultats, les comportements délinquants et ceux faisant appel à la force physique ou à l’usage d’objets pouvant servir d’armes restent significativement plus une affaire de garçons. C’est également le cas en ce qui concerne le vandalisme. Par ailleurs, nous trouvons ici une confirmation du fait que l’échantillon de filles est principalement mais non exclusivement concerné par le vol à l’étalage. Le vingtième siècle a montré comme une évidence la volonté et la capacité naturelles des femmes à se montrer garantes du bien commun et de la solidarité intergénérationnelle. En fait, l’altruisme continue à être principalement associé ‘‘au féminin’’ et intériorisé comme tel. Par exemple, dans notre enquête, près de 60 % des filles contre 40 % des garçons sont en total désaccord avec la proposition « j’essaye de penser à moi d’abord, même si cela signifie rendre les choses difficiles pour les autres  ». Se confirme aussi une moins grande implication des filles dans le piratage informatique. Même s’il s’agit là d’une pratique récente, cette dernière reste encore largement l’apanage des garçons. Bon nombre d’écrits anthropologiques confirment que la mise à distance des femmes par rapport à la technique se vérifie dans chaque société, quelle que soit l’époque [12]. Il suffit de constater encore aujourd’hui la sexuation des jouets des enfants ou les difficultés de jeunes filles à se diriger vers des études en sciences ou en informatique [13]. En ce qui concerne le téléchargement de musiques et de films, catégorie de faits non reprise dans le tableau, plus ludique et moins chargée symboliquement, la différence entre les deux groupes décroît : 44% des filles et 51% des garçons l’ont fait au cours de l’année précédente.

Le tableau suivant regroupe les différents délits dans des catégories plus larges. Les mêmes tendances se confirment.

Tableau 4 : Prévalence, par groupe sexué et par catégorie agrégée d’actes ‘‘Déjà’’ et sur les 12 derniers mois

  ‘’déjà’’ sur les 12 derniers mois*
Filles garçons Filles garçons
% % données manquantes % % données manquantes % Manquant % % données manquantes
Délits violents fréquents** 16,7 1,0 39,0 1,9 10,7 1,0 25,9 2,0
Délits Violents rares*** 4,1 1,1 9,2 1,9 2,3 1,1 6,1 1,9
Vandalisme 6,4 1,1 15,3 2,0 3,8 1,3 9,3 2,5
Vol à l’étalage 21,6 1,1 18,4 2,1 7,5 1,9 8,1 2,3
Délits de propriété rares**** 4,4 1,1 10,5 1,5 2,1 1,1 6,0 1,5
Piratage informatique 3,5 1,8 10,3 2,5 2,4 1,8 7,5 2,8
Trafic de drogue 3,5 2,7 5,0 2,9 2,5 2,7 3,4 3,4
Usage de drogues dures***** 2,8 1,5 2,9 1,9 0,8 1,5 1,5 1,8

n = 2247 ; données pondérées

* Pour l’usage de drogues dures : prévalence au cours du mois précédent

** Bagarres de groupe et port d’armes

*** Pickpocket/vol de sac à main, vol/ extorsion et agression

**** Vol avec effraction, vol de vélo/mobylette, vol de voiture et vol dans voiture après effraction

***** Usage d’XTC/speed et LSD/héroïne/cocaïne

On remarque que les filles et les garçons ont une probabilité comparable d’avouer avoir goûté à la drogue dure au cours de leur vie, signe que si cette expérience est une transgression normative, elle traduit également une certaine conformité à la culture ambiante de consommation et de recherche d’évasion. Une grande différence reste au contraire confirmée en ce qui concerne les comportements violents. Les recherches montrent que, dès le plus jeune âge, les garçons demeurent plus encouragés que les filles à se battre, à entrer en concurrence pour s’individualiser (tandis qu’on attend plus des filles qu’elles se conforment et se ressemblent). Dans l’enquête, 32% des filles contre 67% des garçons au total approuvent la proposition selon laquelle la violence fait partie du jeu. 33% des filles contre un pourcentage double chez les garçons pensent qu’utiliser la force est important pour gagner le respect des autres et qu’une vie sans violence serait ennuyeuse. D’un autre coté, le questionnaire permet de mesurer le niveau de mal-être psychosocial (au travers l’échelle de dépression de R. Moos). Les résultats confirment un plus haut degré d’introspection et d’inconfort psychologique dans le groupe de filles que dans le groupe de garçons mais aussi une plus forte corrélation (score double) dans le premier groupe entre des symptômes de dépression et l’intensité délinquante (mesurée via un facteur d’intensité). Par ailleurs, des analyses récentes sur la base des mêmes données confirment une corrélation significative dans le seul groupe féminin entre victimisation familiale et intensité délinquante [14]. Enfin, ces mêmes éléments (dépression et victimisation précoce) sont encore ceux qui sont apparus comme favorisant le recours des seules jeunes femmes à la violence dans leurs relations de couple. De son côté, la violence des jeunes hommes s’avère reliée à des valeurs et croyances intériorisées en matière de relations entre les groupes sexués [15]. Les études plus spécifiques traitant du lien entre psychologie et genre montrent quant à elles que les dysfonctionnements diffèrent selon les sexes : dépression et déception pour les filles ; marginalisation, exacerbation des toxicomanie et des conduites violentes chez les garçons [16]. Ainsi, de manière générale, la délinquance des adolescentes semble plus liée à des difficultés de contexte et au vécu de victimisations psychosociales tandis que celle des garçons se révèle plus liée aux exigences de ‘‘masculinité’’ qui pèsent sur eux. Des chercheurs canadiens, Pierrette Bouchard et Jean-Claude St-Amant [17], ont pu montrer dans leur travail scientifique que les garçons arrivent moins intensivement et au niveau d’un groupe social plus restreint à prendre distance par rapport aux stéréotypes sexués, ce qui influence négativement leur réussite et intégration scolaire. Il s’avèrerait utile de comprendre à quel point et dans quel sens cette distanciation intervient sur la socialisation des adolescents.

Par ailleurs, si la différence genrée porte sur l’incidence, elle porte également sur la diversité des actes commis comme sur leur intensité.

Une variable de diversité à quatre positions a été créée au départ de huit types de délits :

  • FVIO : port d’armes, bagarre de groupe
  • RVIO : vol, pickpocket, agression
  • VAND : vandalisme
  • SHOP : vol à l’étalage
  • RPRO : vol avec effraction, vol de vélo, vol de voiture, vol de voiture avec effraction
  • HACK : piratage
  • DRUD : trafic de drogue
  • RDRU : usage d’XTC, LSD/héroïne/cocaïne

Les résultats consignés dans le tableau suivant confirment de manière significative que plus de filles que de garçons n’ont commis aucun type d’actes, que ce soit sur les 12 derniers mois ou au total. De plus, les filles sont proportionnellement beaucoup moins nombreuses à avoir expérimenté au moins 4 types d’actes différents.

Tableau 5 : Diversité des délits selon le groupe sexué – ‘‘déjà’’ et sur les 12 derniers mois

DIVERSITE DES DELITS
  ‘’déjà’’ sur les 12 derniers mois
filles garçons filles garçons
% nombre % nombre % nombre % nombre
Aucun délit 66,6 767 50,7 555 80,8 931 66,4 727
De 1 jusque 3 types de délits 29,3 338 40,3 441 17,9 207 29,0 317
4 types de délits ou plus 4,1 47 9,0 99 1,3 15 4,6 50
TOTAL 100 1152 100 1095 100 1152 100 1095

n = 2247 ; données pondérées

Les sujets retenus pour l’analyse ont répondu à toutes les questions intervenant dans la construction de la variable. Croisements entre groupe sexué et les deux variables de diversité

  • au cours de la vie : chi2=64,732 ; d.f.=2 ; p<0,05
  • sur les 12 derniers mois : chi2=65,534 ; d.f.=2 ; p<0,05

Si on compare maintenant les deux groupes sexués en fonction du nombre de fois où les différents comportements ont été reproduits au cours de l’année précédente une fois initiés, on peut également remarquer une fréquence systématiquement plus forte pour les garçons que pour les filles. Il existe peu de différences concernant le port d’armes mais il s’agit de rester prudent car ce terme a été compris par les jeunes de façon très large : il fait référence à une grande variété d’objets qu’ils identifient comme pouvant servir à la protection. Vu certaines fréquences très basses, particulièrement dans le groupe des filles, certains actes n’apparaissent pas dans le tableau suivant.

Tableau 6 : fréquence moyenne de différents types d’actes dans l’échantillon féminin/ masculin durant l’année précédente
A mettre en rapport avec le tableau 3 donnant le % de sujets des deux groupes sexués concernés par chaque acte au moins une fois sur la dernière année

Concerne seulement les personnes ayant au moins une fois posé cet acte sur la dernière annéeNombre de fois en moyenne chez les fillesNombre de fois en moyenne chez les garçons
Port d’armes (objet destiné à se défendre, provoquer ou attaquer)
n=160
26,96 31,36
Piratage
n=91
7,10 12,00
Vente de drogue
n=54
6,57 27,78
Usage de drogues douces (réf mois précédent)
n=105
4,60 12,65
Vol à l’étalage
n=150
4,23 9,04
Battre quelqu’un (agression)
n=36
3,28 11,09
Vandalisme
n=116
3,26 6,04
Bagarre de groupe
n=251
2,91 6,10
Entrer par effraction et voler
n=27
1,78 3,83
Usage de drogues dures(réf le mois précédent)
n=19
1,70 5,47
Pickpocket
n=28
1,68 5,14

Données pondérées

Un indicateur de versatilité a enfin été construit pour rendre compte du nombre moyen de fois que chaque jeune (y compris celui qui n’a rien fait ici) est passé à l’acte quel qu’il soit. Les comportements considérés sont ceux repris juste avant.

Tableau 7 : versatilité par groupe sexué, précédemment (sur l’ensemble de la trajectoire de vie) et sur les 12 derniers mois

VERSATILITE
  Nombre moyen de passages à l’acte (stand. Déviation)
filles garçons
Précédemment 4,9 (10,1-92) 9,35 (13,6-85)
sur les 12 derniers mois 2,4 (6,6-64) 5,7 (10,8-78)

n = 2247 ; données pondérées

Au vu de ces différents premiers résultats, nous pouvons confirmer que les différences entre garçons et filles concernent l’expérimentation d’actes délinquants, le caractère récent de ces actes, leur diversité et leur fréquence.

 Vers une compréhension encore plus fine du phénomène genré

Si l’on compare maintenant les expériences délinquantes chez les jeunes des deux villes moyennes et des deux petites villes retenues pour l’enquête, nous trouvons quelques résultats intéressants :

  • On remarque un risque réduit de consommation de boissons alcoolisées ou de drogue seulement parmi les filles issues de villes de petite taille. Les filles sont aussi moins susceptibles de faire l’école buissonnière que les garçons dans les petites villes. Les deux groupes de garçons ne montrent pas de différence en cette matière. Ce résultat illustre probablement une plus grande facilité et rapidité des filles à rallier en milieu urbain des pratiques et expériences initiées au masculin.
  • La même dynamique de ‘‘standardisation’’ des comportements se vérifie dans le cas de comportements plus spécifiquement délinquants. Les filles issues de plus petites villes se révèlent commettre moins d’infractions que les autres. Deux exemples : 18% des filles issues de villes moyennes contre 13% de filles dans les petites villes admettent se battre ou porter une arme. Dans les deux groupes masculins, les pourcentages sont plus proches : 38% et 42%. Une tendance similaire s’applique au vandalisme : ici, les pourcentages sont de 7,3% et 3,9% chez les filles mais, dans les deux cas, supérieurs à 13% chez les garçons, peu importe la taille de la ville où ils sont scolarisés. On peut émettre l’hypothèse des effets du contrôle supérieur exercé sur les filles, tant sur leurs attitudes et comportements que sur leur emploi du temps et sur leur mobilité géographique. Nous pouvons vérifier dans nos données que les filles ne peuvent pas sortir aussi librement et aussi souvent que les garçons. Elles ne sont pas autorisées à voyager aussi loin et leurs loisirs restent plus centrés sur des relations amicales et de proximité. Nos résultats confirment le fait que bon nombre de filles passent aussi moins de temps avec un large groupe de copains. C’est surtout vrai dans les petites villes tandis que rien ne change à ce niveau pour les garçons entre les deux types d’environnement. Le temps passé avec les pairs dans des lieux publics favorise les expériences déviantes de ces derniers. Moins confrontés aux limites et contraintes, ils sont proportionnellement plus nombreux à ressentir l’ennui, la frustration et une victimisation dont la cause leur semble extérieure [18]. Ce fait a encore été vérifié dans d’autres contextes, y compris par rapport aux relations de couple ou au vécu scolaire. De leur coté, les filles contemporaines semblent plus engagées par rapport à l’école et plus volontaires pour y réussir. Elles entretiennent une relation historique différente avec la scolarité. Plus récemment que leurs condisciples masculins, elles se sont rendues compte de l’atout que représente le diplôme pour leur garantir l’accès à l’emploi et à l’autonomie, et cela au moment même où la certification scolaire ne joue plus pleinement son rôle d’ascenseur social pour les garçons. Dans l’enquête, 8,5% des filles et 18,7% des garçons disent ne pas aimer l’école. 5% du premier groupe et au-delà de 8% du deuxième ont déjà redoublé une année.

Différentes analyses de régression menées au départ des deux groupes sexués permettent de mettre en lumière des dynamiques de socialisation et de construction de soi différentes et leur lien à la délinquance. Illustrons ce propos via le résultat d’une analyse qui prend comme variable dépendante l’indicateur de versatilité sur les 12 derniers mois présenté plus haut. Les variables indépendantes concernent ici le langage utilisé, le niveau socio-économique et d’éducation des parents, le support reçu de ces derniers, le niveau de contrôle familial, le type de famille et de lieu de vie, le qualité de la relation aux enseignants, l’appréciation de l’école et le désir de s’y rendre, le vécu de redoublement scolaire, les notes obtenues et la section scolaire (distinction entre l’enseignement général, l’enseignement technique – qui permet encore une réorientation vers le général et qui autorise ultérieurement l’accès aux études supérieures – et l’enseignement professionnel ou les classes de remédiation scolaire qui aiguillent vers cette section).

Il est intéressant de vérifier dans le tableau qui suit un premier résultat souvent relevé dans les enquêtes de délinquance juvénile : la nationalité ne s’avère pas significative tandis que le niveau socio-économique et éducationnel de la famille n’intervient qu’indirectement.

Tableau 8 : Résultat de l’analyse de régression multiple, par groupe sexué : 4 premiers facteurs significatifs

Versatilité
Au cours des 12 derniers mois
 4 facteurs explicatifs les plus importants ressortis de l’analyse
(P < 0.001 pour chacun)
  R² total 1 2 3 4
Garçons
n = 1 096
36 Relations scolaires Support Familial Section d’étude (« général » ou non) Supervision familiale
Filles
n = 1 151
28 Redoublement Relations scolaires Performances scolaires Support Familial

Au total, quatre facteurs ressortent comme significatifs (P < 0.001) pour chaque groupe sexué. Deux sont identiques et deux diffèrent. Ainsi, on retrouve des deux côtés un impact fort du relationnel, de la qualité du lien avec les enseignants et les parents, cela à travers l’évaluation que les jeunes font de l’intérêt que ces derniers portent à leurs projets et difficultés. Par contre, à la lecture du tableau, on remarque que le type d’études, et plus exactement le fait de déjà fréquenter à cet âge une section qualifiante, augmente le degré de délinquance seulement chez les garçons. On peut vérifier chez eux une désillusion par rapport aux perspectives d’insertion professionnelle. Les filles se retrouvent largement considérées comme des concurrentes illégitimes et l’école dévalorisée de par son incapacité à leur donner l’accès au statut des jeunes hommes. On peut penser que certains jeunes vont durcir et aller chercher cette identité ‘‘mâle’’ par des voies alternatives. Ce résultat rejoint l’observation [19] selon laquelle certaines classes peuvent représenter des ‘’ghettos’’ où les jeunes garçons en quête de reconnaissance par les pairs n’oseraient pas se distinguer du groupe en montrant un intérêt marqué pour les matières enseignées, pour la scolarité et les activités proposées. Le tableau suivant confirme une acceptation et une ‘‘culture’’ différentes de la violence selon le type d’enseignement qui traduit des positions socio-économiques fortement différenciées.

Tableau 9 : Pourcentage d’élèves masculins approuvant chacune des propositions suivantes

 Un peu de violence fait partie du jeuIl faut faire usage de la force pour se faire respecterC’est tout à fait normal que les garçons cherchent les bagarres physiques pour montrer qui ils sont et de quoi ils sont capables aux autres
Elèves du général 10,4% 13,7% 9,2%
Elèves du technique ou professionnel 20,0% 27,7% 22,3%
  P<0,0001 P<0,0001 P<0,0001

n = 2247 ; données pondérées

De telles pressions semblent moins fortes dans le groupe des filles qui, quel que soit leur milieu d’origine, investissent plus le scolaire et le projet de diplôme. Concernant ce dernier groupe et pas chez les garçons, on voit clairement dans le tableau 8 que le redoublement et les mauvais résultats scolaires augmentent le degré de délinquance des seules filles, cela quelle que soit la section d’étude. Les études longitudinales montrent que cette mauvaise pente leur enlève souvent tout espoir de rattrapage et de prétention professionnelle, contrairement à leurs condisciples masculins. On remarque concernant ces derniers une plus grande dispersion dans les résultats scolaires qui s’avèrent plus souvent imputables à un manque de travail ou un laisser-aller temporaire et qui ne présagent pas de leur réussite professionnelle et sociale. Les recherches montrent bien que cette dernière reste favorisée au vu de la persistance de rapports sociaux de sexe inégalitaires, cela tant dans la sphère privée que publique.

Parmi les garçons se marque enfin clairement un impact du niveau de contrôle parental non significatif chez les filles. Nous avons vu précédemment que ce dernier prenait probablement place en amont dans le temps et de façon plus globale dans les différents lieux de socialisation des filles.

Ces résultats confirment ceux d’autres analyses et d’autres études antérieures conduites en Belgique autour du même sujet [20] :

Pour les garçons, le risque de délinquance est plus fortement relié aux capitaux sociaux et culturels. Ces derniers sont par exemple visibles à travers la supervision donnée par les parents et via la section scolaire où l’appartenance socio-culturelle se sclérose.

Nous avons aussi pu voir, au départ d’analyses portant sur cette même banque de données, un désir des jeunes de vivre dans un environnement intelligible et sécurisant. Pour les garçons, les relations avec le père semblent être plus protectrices contre la délinquance ; pour les filles c’est le cas pour leurs relations avec la mère. Se confirme ainsi le besoin des jeunes garçons contemporains de voir leurs parents, et particulièrement leur père, s’investir quotidiennement dans leur relation avec leur fils, dans une relation qui ne soit pas simplement d’autorité ou de convenance. Cet ancien modèle de fonctionnement masculin donnant peu de place aux émotions semble pousser certains adolescents à compenser à tout prix le manque d’attention de la part de leur père, certains survalorisant paradoxalement les attitudes et comportements traduisant à leurs yeux force et virilité. Cela semble d’autant plus le cas dans les classes sociales populaires surreprésentées dans les classes techniques et professionnelles (phénomène déjà mis en lumière par Bourdieu et ses contemporains dans les années 1970). On peut penser que le pouvoir légitime et les ressources statutaires dont les jeunes garçons disposent dans la période transitoire vers l’âge adulte influencent donc les voies alternatives qu’ils peuvent prendre dans leur affirmation de soi. Au total, 68% des garçons de l’enseignement général contre 31% de ceux des autres sections évaluent leurs relations avec leur père positivement.

Du côté des filles, le niveau d’éducation de la mère, sa complicité, son adéquation relationnelle et ses encouragements en matière d’autonomisation ressortent très protecteurs contre la commission d’actes délinquants à l’adolescence. D’un autre coté, les résultats confirment seulement pour les filles un effet protecteur d’une pédagogie basée sur la créativité et le développement personnel (question posée aux jeunes à propos de la pédagogie utilisée, d’après eux, dans leur école). Les filles plus que les garçons rejettent de façon marquée un style d’enseignement basé sur la compétition. Mais il faut prendre en compte le fait que les parents et les enseignants ont longtemps conditionné les filles à éviter les conflits et à se montrer plus consensuelles. La plupart ont donc développé d’autres stratégies payantes en regard au contexte dans lequel elles évoluent [21].

 Conclusion

D’un point de vue méthodologique, nos résultats montrent l’importance de se référer à une perspective de genre, non seulement pour comparer les pourcentages de délinquance mais aussi pour comprendre les différences sexuées dans les dynamiques explicatives de cette dernière.

Nous ne pouvons nier la réalité qu’un certain nombre de filles, en fonction de leur vécu et de leurs projets, sont tentées d’imiter la loi du plus fort ou d’adopter les attitudes délinquantes plus présentes chez les garçons. On doit néanmoins conclure à une variété d’attitudes et de comportements, tant dans le groupe féminin que masculin, ainsi qu’à une résistance d‘une majorité des filles à l’appel d’expériences délinquantes graves et impliquant un haut degré de violence.

Certains stéréotypes sexués prennent consistance si on s’en tient à observer les tendances majoritaires qui concernent l’un et l’autre groupe (par exemple la plus grande propension des garçons à valoriser la violence ou la technique). La théorie du genre nous convie néanmoins à mettre ces préjugés à distance et à ne pas généraliser, attirant l’attention sur le fait que les différences sexuées dans les valeurs, avis, attitudes et comportements ne sont pas à considérer comme des données biologiques mais sont largement conditionnées par la socialisation et l’intériorisation souvent inconsciente de normes contradictoires, dont certaines continuent significativement à valoriser la différence et la séparation des rôles entre les sexes. Conjointement, les dynamiques genrées dans la répartition des sources et des rôles ne sont pas figées mais elles évoluent dans le temps, cela à des vitesses différentes selon les lieux et les enjeux. Ainsi avons-nous pu remarquer une homogénéisation, réelle mais pas totale, des comportements des filles et des garçons comme entre les villes de différente taille.

Les analyses de type causal confirment que les dynamiques explicatives de l’implication délinquante ne sont pas d’office identiques pour les deux groupes sexués. Les résultats consignés dans cet article montrent que la qualité des relations aux adultes signifiants dans le milieu familial et scolaire joue un rôle de protection significatif pour les adolescents des deux sexes. Les autres facteurs protecteurs divergent : chez les filles ressort le facteur de réussite scolaire (outil d’autonomisation valorisé dans ce groupe) tandis que chez les garçons émergent distinctement celui de contrôle parental et celui relatif au type d’enseignement suivi (directement en lien avec l’appartenance sociale et la vison des perspectives d’avenir).

Il nous semble que ces différents résultats et phénomènes ne sont qu’apparemment contradictoires. Ils font partie d’une dynamique qui redéfinit, sans cesse et au départ des différents âges et expériences de la vie, la place et le pouvoir de négociation des hommes et des femmes dans la société. Il nous apparaît particulièrement important d’observer les évolutions en cours afin de comprendre et d’influencer positivement le devenir des deux groupes sexués et de la société.

 Bibliographie

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● Moos Rudolf H. (Dir.), Coping with life crises : An integrated approach, New York, Plenum, 1986.

Notes

[1] Cécile Carra et François Sicot, « Une autre perspective sur les violences scolaires : L’expérience de victimisation » in Violences à l’école : Etat des savoirs, Bernard Charlot et Jean-Claude Emin (Dir.), Paris, Armand Colin, 1997, p. 61-81.

[2] Bernard Defrance, Le droit dans l’école : Les principes du droit appliqués à l’institution scolaire, Bruxelles, Labor, 2000 ; Benoit Galand, Pierre Philippot, Geneviève Buidin et al., Regards croisés sur les phénomènes de violence en milieu scolaire : II. Les établissements, Etude interuniversitaire commanditée par le Ministère de la Communauté française de Belgique à l’initiative de Monsieur Pierre Hazette, Ministre de l’Enseignement Secondaire, des Arts et des Lettres, 2002.

[3] Michel Born, Psychologie de la délinquance, Bruxelles, de Boeck, coll. Ouvertures Psychologiques, 2005.

[4] Jacques, Ganty, La violence scolaire en Communauté française, Louvain-la-Neuve, Academia Bruylants, 1995 ; Cécile Carra et François Sicot, « Une autre perspective sur les violences scolaires : L’expérience de victimisation », op. cit. ; Alain Clémence, « Violence et incivilités à l’école : La situation en Suisse » in La violence en milieu scolaire : Dix approches en Europe, Debarbieux Eric et Blaya Catherine (Dir.), Paris, ESF, 2001, p. 183-200.

[5] Robert Cario, Les femmes résistent au crime, Paris, L’Harmattan, 1999.

[6] Nadine Lanctôt, « La délinquance féminine : l’éclosion et l’évolution » in La criminologie empirique au Québec, Le Blanc Marc et al., 3ème édition, Montréal, Presses Universitaires de Montréal, coll. Paramètres, 2003, p.421-467.

[7] Michel Born et Claire Gavray, « Ecosystème de la victimisation : le cas particulier du milieu scolaire » in Une criminologie de la tradition à l’innovation : En hommage à Georges Kellens, Bruxelles, de Boeck et Larcier, 2006, p.21-37.

[8] Natacha Brunelle, Serge Brochu et Marie-Marthe Cousineau, « Trajectoires déviantes de garçons et de filles : points de convergence et de divergence » in Trajectoires de délinquance juvénile : les éclairages de la recherche qualitative, Natacha Brunelle et Marie-Marthe Cousineau (Dir.), Montréal, les Presses de l’Université du Québec, coll. Problèmes sociaux et interventions sociales, 2005, p. 9-27.

[9] M. Fournier, M-M. Cousineau, S. Hamel, « Rôles et fonctions des adolescentes affiliées aux
gangs de rue : ce qu’elles en disent » in P. Verlan et M. Déry (eds), Les conduites antisociales des filles, Les presses de l’Université du Québec, 2005, pp. 339-361.

[10] Claire Gavray et Nicole Vettenburg, « La délinquance juvénile autorévélée : le cas de la Belgique », in Carrefours de l’Education, n° 24, juillet-décembre 2007, p.53-72.

[11] Nous nous appuyons sur une recherche qualitative menée en 2007 auprès de 53 professionnels scolaires et par le Service d’étude de la délinquance et du développement psycho-social de l’ULg ainsi que sur une étude complémentaire menée sur le même thème au niveau des parents d’élèves de troisième année
du secondaire (C. Gavray, « l’impact des transmissions familiales et scolaires sur la délinquance juvénile : résultats comparatifs d’enquêtes auto-révélées » in N. Burnay et A. Klein, Figures contemporaines de la transmission, Namur, Presses Universitaires de Namur, p. 157-176).

[12] Helena Hirata et Chantal Rogerat, « Technologie, qualification et division sexuelle du travail », Revue Française de Sociologie, XXIX, 1988, p. 171-192.

[13] Claire Gavray, « Genre, emploi et marché du travail : un tableau contrasté », in GRH et genre : les défis de l’égalité hommes-femmes, Annie Cornet, Jacqueline Laufer et Sophia Belghiti-Mahut (Dir.), Paris, Vuibert, 2008, p. 5-24.

[14] Article en voie de parution dans les actes de colloque du congrès AICLF de Rabat de mai 2008.

[15] Nous nous référons ici aux résultats d’une enquête menée parmi les étudiants de l’Université de Liège dans le cadre de la recherche internationale International Dating Violence Study (voir http://pubpages.unh.edu/ mas2/ID4J.htm>http://pubpages.unh.edu/ mas2/ID4J.htm). Les résultats liégeois ont été présentés dans une communication intitulée « Dynamiques de violence de couple au sein d’un échantillon d’étudiants universitaires » lors du colloque de l’Association Internationale des Criminologues de langue française à l’Université de Galatasaray, Istanbul, les 22 et 23 mai 2006.

[16] Dans une étude intitulée « Les difficultés des jeunes 16-24 ans à l’éducation des adultes : portrait de la situation », Julie Marcotte de l’UQTR, Richard Cloutier, de l’Université Laval, et Laurier Fortin, de l’Université de Sherbrooke, montrent par exemple que les garçons extériorisent plus (agressivité, délinquance) tandis que les filles intériorisent et somatisent davantage.

[17] P. Bouchard et J-C. St-Amand, Garçons et filles : stéréotypes et réussite scolaire, Montréal, Editions Remue-Ménage, 1999

[18] Cette constatation ressort de l’expérience clinique de psychiatres intéressés dont André-Marie Masson (conférence donnée à la Faculté de psychologie de l’Université de Liège le 23 février 2007).

[19] Voir par exemple à ce propos le portrait des collèges et lycées français établi sur base de l’interrogation de 1000 sujets en 2004 : la moitié des enseignants expriment un réel malaise face au sentiment d’impuissance en regard à l’idéal de réussite de tous les élèves (http://media.education.gouv.fr/file/50/4/2504.pdf>http://media.education.gouv.fr/file/50/4/2504.pdf). La même constatation ressort de la recherche qualitative que nous avons menée en 2007 auprès de directeurs d’école, d’enseignants et d’éducateurs (publication à venir).

[20] Claire Gavray et Nicole Vettenburg, « La délinquance juvénile autorévélée : le cas de la Belgique », op. cit.

[21] Marie Duru-Bellat, Annick Kieffer et Catherine Marry, « Dynamique de scolarité des filles : le double handicap questionné », Revue Française de Sociologie, vol. 42-2, avril-juin 2001, p. 215-280.

Pour citer l'article


Gavray Claire, « Délinquance juvénile et enjeux de genre », dans revue ¿ Interrogations ?, N°8. Formes, figures et représentations des faits de déviance féminins, juin 2009 [en ligne], http://www.revue-interrogations.org/Delinquance-juvenile-et-enjeux-de (Consulté le 30 septembre 2016).



ISSN électronique : 1778-3747

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