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Comité de rédaction

AAC n°34. Suivre l’image et ses multiples états dans les collaborations arts/sciences

 




La politique éditoriale de la revue

¿ Interrogations ? est une revue à comité de lecture. Tous les articles reçus sont d’abord soumis à une pré-expertise interne au comité de rédaction, qui évalue leur pertinence scientifique, ainsi que leurs qualités rédactionnelles. Ils sont ensuite soumis à une double expertise à l’aveugle, réalisée anonymement par le comité de lecture ou par des chercheurs sollicités à l’extérieur.

La revue est indépendante de toutes institutions (universités, laboratoires, etc.) et de toutes écoles. Elle défend la pluridisciplinarité et le croisement des regards épistémologiques et méthodologiques.

Dans un souci de diffusion de la connaissance, l’ensemble des numéros est en libre accès sur le site internet de la revue (http://www.revue-interrogations.org), dès leur mise en ligne et ce, sans aucune restriction.

 

 Appel à contribution n°34. Suivre l’image et ses multiples états dans les collaborations arts/sciences »

Numéro coordonné par Mireille Diestchy et Maylis Sposito-Tourier

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Figure 1. Capture d’écran du site internet Saisir le chantier

Source : http://www.saisirlechantier.com/, consulté le 2 juillet 2020.

Le site internet Saisir le chantier rassemble une diversité d’images de chantiers de rénovation domestique. Produites à la fois par des habitants, des artisans, des chercheurs et des artistes, elles traduisent une pluralité de représentations du chantier et de modes d’habiter. Ce projet de recherche a été initié par Jade Tang, artiste plasticienne, Claire Kueny, historienne de l’art et Jean-Paul Filiod, sociologue anthropologue, dans le cadre de Leroy Merlin Source[1]. C’est un exemple parmi d’autres d’une démarche de recherche riche du dialogue et de la confrontation de regards artistiques, scientifiques et citoyens. Ce foisonnement d’images interroge : que devient l’image au sein de cette collaboration transdisciplinaire et participative ? Œuvre d’art à exposer pour l’artiste, donnée à analyser pour le sociologue, outil de travail pour l’artisan, ou souvenir cher aux habitants ? Suivre l’image et ses multiples états serait le moyen d’observer et de questionner, notamment, les démarches de collaboration entre arts et sciences.

Ces recherches dites “arts/science” sont aujourd’hui à l’honneur. Institutions et fondations invitent artistes et chercheurs à s’associer, articulant leurs objets et leurs démarches. Les collaborations se multiplient et, avec elles, les travaux les prenant pour objet d’étude. Ceux-ci s’intéressent à ce que produisent ces rencontres tout autant qu’aux écueils qu’elles ne parviennent pas à éviter.

En 2010, un numéro de la revue Critique coordonné par Elie During et Laurent Jeanpierre entendait ainsi montrer les manières dont certaines pratiques artistiques contemporaines mettent en question l’opposition tenace entre art et théorie. « [L]e nouage de l’art à la théorie est aussi affaire d’invention » (During, Jeanpierre, 2010) nous disent les coordinateurs, se refusant à faire de l’art une simple mise en formes, récits et images, et de la théorie, une opération de rationalisation qui prend l’art pour objet.

Un an plus tard, un numéro de Tracés (Kreplak et al., 2011) propose une approche complémentaire du point de vue des sciences sociales. Les textes entreprennent d’interroger les contextes institutionnels qui permettent et encadrent ces collaborations entre disciplines et les difficultés qui en découlent (temporalités, contraintes de productions respectives). Ce sont également les différentes positions possibles du chercheur dans cette collaboration qui sont analysées.

Plus récemment, la publication québécoise Cahiers ReMix envisage ces collaborations entre sciences sociales et pratiques artistiques sous l’angle plus spécifique des écritures (Saillant et al., 2018). Les auteurs proposent ainsi, à travers diverses contributions, de s’inspirer des pratiques artistiques pour questionner et renouveler la manière dont l’ethnographie construit son objet et le restitue. L’écriture scientifique se voit, en effet, bien souvent bouleversée dans le cadre de collaborations transdisciplinaires : quelle place donner au sensible, à la subjectivité ? Quelle participation des sujets à l’écriture ?

Dans une récente contribution à la revue SociologieS, Yaël Keplak (2020) invite à « ré-envisager les relations entre arts et sciences sociales depuis leurs pratiques, à travers le prisme particulier de l’enquête comme pratique partagée », donnant à lire trois entretiens avec des artistes contemporains interrogés sur leurs pratiques de recherche et de création, plus précisément sur leur recours à la démarche d’“enquête”. Que peuvent, en effet, nous apprendre ces emprunts mutuels entre arts et sciences sociales[2] ? Que devient l’enquête lorsqu’elle relève d’autres ambitions que celle de la production de connaissances scientifiques ? Qu’est-ce que ces déplacements et redéfinitions révèlent des praticiens, artistes et scientifiques ?

Ce numéro souhaiterait poursuivre ces interrogations des démarches de collaboration par le biais des images. En effet, au centre de ces projets et rencontres, se trouvent bien souvent des images (photographies, dessins, vidéos) dont nous souhaiterions interroger le rôle. Si l’image se situe au croisement de la science, de l’art et de la politique (Bredekamp, 1996), elle nous semble aussi être l’endroit où s’articulent des regards disciplinaires différents. Il nous apparaît fructueux d’étudier comment chacun à sa manière les produit, s’en saisit et, peut-être, les transforme. En d’autres termes, nous invitons à suivre l’image et ses multiples états dans des démarches collaboratives de recherche et création. Nous faisons ainsi l’hypothèse qu’étudier le statut de ces images et leur possible traitement différencié est une manière d’interroger les collaborations transdisciplinaires, leurs objets et leurs ambitions, les variations de postures et brouillage de frontières qu’elles induisent. L’image est ainsi envisagée comme le lieu où se redessinent des compétences et des champs disciplinaires.

Nous esquissons ici quelques pistes de réflexion et d’analyse :

> Quelle place pour les images au sein des collaborations entre disciplines ? Qui les produit et comment ? Dans le cas d’une collaboration entre art et science, est-ce à l’artiste seul qu’il revient de produire des images ? Comment le chercheur s’en saisit-il et quel est son rôle dans cette production ? Ces démarches d’interdisciplinarité viennent remettre en question les rapports entre art et théorie et le statut de l’image s’en trouve déplacé. L’image n’est plus uniquement illustration ou application mais d’autres relations viennent s’y tisser.

> Quelle sont la nature et la fonction des images dans ces collaborations ? Ont-elles le statut d’œuvres, sont-elles considérées comme des données à traiter ou comme le traitement des données ? Ce statut fait-il l’objet de débats ? Les collaborations interdisciplinaires interrogent ainsi la place de l’esthétique dans la science. Ainsi Sylvaine Connord (2002) fait une différence entre une “belle” photographie, notamment pour ses informateurs, et une bonne photographie pour l’ethnologue, tout en soulignant que les caractéristiques de la “belle” photographie pour les informateurs informent le chercheur. Il s’agit ici de questionner la variété des supports et des fonctions de l’image. Sont-elles des matériaux bruts, une méthode de recueil, des preuves, le rendu d’une analyse ? Les différents acteurs s’entendent-ils sur le rôle des images, leurs disciplines pouvant induire divers usages ? Dans quelle mesure les collaborations interdisciplinaires contribuent-elles à produire des fictions “réalistes” ou des documentaires romancés, narrés ?

> Comment ces images contribuent-elles à questionner, subvertir ou renforcer des frontières disciplinaires ? Des tensions et conflits se nouent-ils sur le traitement de ces images ? Les acteurs sont-ils conduit à modifier leur appréhension, leur traitement des images, à rompre ainsi avec un cadre disciplinaire qui était le leur ? Ces éléments permettront de questionner par là-même l’écriture des images / par l’image dans les collaborations interdisciplinaires et de pointer des déplacements, des tensions. Ce numéro pourra nous permettre d’explorer l’hypothèse selon laquelle l’image travaille les frontières disciplinaires et peut obliger à œuvrer hors de sa discipline.

Cet appel à contributions est ouvert aux analyses de retours d’expériences et expérimentations et se veut fondamentalement inter/transdisciplinaire. Il est une invitation à questionner des démarches, des pratiques. Le numéro donnera une large place aux images qui ne seront pas de simples illustrations, mais bien le cœur de nos interrogations.

 Modalités de soumission des articles

Les articles, rédigés aux normes de la revue, devront être envoyés avant le 31 décembre 2020 aux deux adresses électroniques suivantes :

mireille.diestchy@gmail.com

maylis.sposito-tourier@outlook.com

Ils ne doivent pas dépasser 50 000 signes (notes et espaces compris) et doivent être accompagnés d’un résumé et de cinq mots-clés en français et en anglais. Les droits de publication des images présentes dans les articles devront être garantis par les auteurs des articles (et ce, dès la soumission des articles). Les articles devront répondre aux normes de rédaction présentées à l’adresse suivante : http://www.revue-interrogations.org/Recommandations-aux-auteurs

Publication du numéro : juin 2022

 Appel à contributions permanent

La revue accueille également des articles pour ses différentes rubriques, hors appel à contributions thématique :

♦ La rubrique « Des travaux et des jours » est destinée à des articles présentant des recherches en cours dans lesquels l’auteur met l’accent sur la problématique, les hypothèses, le caractère exploratoire de sa démarche, davantage que sur l’expérimentation et les conclusions de son étude. Ces articles ne doivent pas dépasser 25 000 signes (notes et espaces compris) et doivent être adressés à Émilie Saunier : emiliesaunier@yahoo.fr

♦ La rubrique « Fiches pédagogiques » est destinée à des articles abordant des questions d’ordre méthodologique (sur l’entretien, la recherche documentaire, la position du chercheur dans l’enquête, etc.) ou théorique (présentant des concepts, des paradigmes, des écoles de pensée, etc.) dans une visée pédagogique. Ces articles ne doivent pas non plus dépasser 25 000 signes (notes et espaces compris) et doivent être adressés à Agnès Vandevelde-Rougale : a-vandevelde@orange.fr

♦ La rubrique « Varia », accueille, comme son nom l’indique, des articles qui ne répondent pas aux différents appels à contributions ni aux rubriques précédentes. Ils ne doivent pas dépasser 50 000 signes (notes et espaces compris) et doivent être adressés à Audrey Tuaillon Demésy (audrey.tuaillon-demesy@univ-fcomte.fr) ET Laurent Di Filippo(laurent@di-filippo.fr).

♦ Enfin, la dernière partie de la revue recueille des « Notes de lecture » dans lesquelles un ouvrage peut être présenté de manière synthétique mais aussi critiqué, la note pouvant ainsi constituer un coup de cœur ou, au contraire, un coup de gueule ! Elle peut aller jusqu’à 12 000 signes (notes et espaces compris) et doit être adressée à Florent Schepens : florent.schepens@univ-fcomte.fr

Par ailleurs, les auteurs peuvent nous adresser leur ouvrage pour que la revue en rédige une note de lecture à l’adresse suivante : MSHE Claude Nicolas Ledoux, Revue Interrogations, 32 rue Mégevand, 25030 Besançon Cedex. Cette proposition ne peut être prise comme un engagement contractuel de la part de la revue. Les ouvrages, qu’ils soient ou non recensés, ne seront pas retournés à leurs auteurs ou éditeurs.

 Bibliographie :

Caillet Aline (2019), L’art de l’enquête, Éditions Mimésis.

Connord Sylvaine (2002), « Le choix de l’image en anthropologie. Qu’est-ce qu’une « belle » photographie ? », Ethnographiques.org, 2 [En ligne], https://www.ethnographiques.org/2002/Conord (Consulté le 2 juillet 2020)

Bredekamp Horst (1996), La nostalgie de l’antique : statues, machines et cabinets de curiosités, Paris / New York / Amsterdam, Diderot éditions.

During Elie, Jeanpierre Laurent (2010), « En pensant par l’art », « À quoi pense l’art contemporain », Critique, 759-760, août-septembre 2010.

Kreplak Yaël, Boutonnier Thierry, Wagon Gwenola et Guillier Alexis (2020), « Des artistes, des enquêtes, des pratiques ingénieuses », SociologieS, Du pragmatisme au méliorisme radical, mai 2020 [En ligne], http://journals.openedition.org/sociologies/14124 (consulté le 27 mai 2020).

Kreplak Yaël, Tangy Lucie et Turquier Barbara (2011), « À quoi servent les sciences humaines (III) Art contemporain et sciences humaines : usages réciproques », Tracés, Hors-série.

Saillant Francine, Lapierre Nicole, Müller Bernard, Laplantine François (2018), « Les mises en scène du divers. Rencontre des écritures ethnographiques et artistiques », Cahiers ReMix, 9.

[1] Pour une présentation du projet et le téléchargement du rapport suivre ce lien :

https://www.leroymerlinsource.fr/habiter/saisir-le-chantier-de-renovation-par-limage/, consulté le 2 juillet 2020.

[2] Sur ce sujet nous renvoyons également à Caillet, 2019.

Pour citer l'article


Comité de rédaction, « AAC n°34. Suivre l’image et ses multiples états dans les collaborations arts/sciences », dans revue ¿ Interrogations ?.



ISSN électronique : 1778-3747

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